dimanche 5 juillet 2009

The Curse

dimanche 5 juillet 2009


Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé. Hors de là rien n'existe, entends-tu ?
Être aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu,
C'est Dieu, c'est le démon, c'est tout. J'aime, et l'on m'aime.
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,
Fier, content, respirant l'air libre à pleins poumons,
Il faut que j'aie une ombre et qu'elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu'un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?
Si personne ne dit cela, je sens l'exil,
L'anathème et l'hiver sur moi, je suis terrible,
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,
C'est l'homme sans foyer, sans but, épars au vent.
Ah ! celui qui n'est pas aimé, n'est pas vivant.
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !
A quoi bon l'univers ? l'âme qu'on a, qu'en faire ?
Que faire d'un regard dont personne ne veut ?
La vie attend l'amour, le fil cherche le noeud.
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;
L'avenir s'ouvre ainsi qu'une pâle fenêtre ;
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit
Orphelin ; l'azur semble ironique, on a froid ;
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n'apaise
Cette honte sinistre ; on languit, l'heure pèse,
Demain, qu'on sent venir triste, attriste aujourd'hui,
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l'immense ennui.(...)

Le sort est un escroc, et je suis une dupe.
J'aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d'oeil !
Que le fuseau des jours lentement se dévide !
Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide !
Comment porter ce poids énorme, le néant ?
L'existence est un trou de ténèbres, béant ;
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante
Livre à l'affreuse bise implacable et grondante
Françoise échevelée, un baiser éternel
La console, et l'enfer alors devient le ciel.
Mais quoi ! je vais, je viens, j'entre, je sors, je passe,
Je meurs, sans faire rien remuer dans l'espace !
N'avoir pas un atome à soi dans l'infini !
Qu'est-ce donc que j'ai fait ? De quoi suis-je puni ?
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.
Cette chauve-souris de son aile m'effleure,
L'indifférence, blême habitante du soir.
Être aimé ! sous ce ciel bleu - moins souvent que noir -
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine
De mêler son visage à la laideur humaine,
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !
Qu'on soit aimé d'un gueux, d'un voleur, d'une fille,
D'un forçat jaune et vert sur l'épaule imprimé,
Qu'on soit aimé d'un chien, pourvu qu'on soit aimé !

Victor Hugo-Etre Aimé


dimanche 7 juin 2009

L'Aile du silence

dimanche 7 juin 2009




Un jour
on me disait
un jour tu comprendras
Le jour n'est pas encore venu
peut être est-il déjà révolu
ou est ce inexorable d'être méconnu

On sort de la vie comme on y entre
presbyte
faible
neutre
On s'émerveille à donner ce que l'on doit
et on vit à crédit
en déroute sur les sentiments
Entre l'étreinte et l'abandon
l'amour s'évidant dans les tourments
Une éclosion
Des attaches
Puis Amoncellement
Débit de haine
Débit d'aversion
Puis comme de tout naît l'affliction
Prend racine le néant

On entre dans la mort comme on sort de la vie
quiet
ou tourmenté
fiévreux
souffrant le bonheur qu'on a volé
ou souffrant la déveine qu'on a gagné



mercredi 3 septembre 2008

Toute La LYre

mercredi 3 septembre 2008



Purs transports que la foule ignore,

Et qui font qu'on a d'heureux jours
Tant qu'on peut espérer encore
Ce dont on se souvient toujours.

Va, sèche ton bel oeil qui pleure,
Ton sort n'est pas déshérité.
Ta part est encore la meilleure,
Ne te plains pas, ô ma beauté !

Ce qui manque est bien peu de chose
Quand on est au printemps vermeil,
Et quand on vit comme la rose
De parfums, d'ombre et de sole

(Victor Hugo-Toute la Lyre)


L'été passe vite et il est hélas temps de se quitter.Sur ces quelques vers je referme à nouveau le volets de ce blogs.Et en espérant vous retrouver en d'autres Récré , dans une planète en meilleure santé, je vous remercie et vous souhaite une paisible année.

dimanche 31 août 2008

Isomères Miroirs (4)

dimanche 31 août 2008


Une prise de sang analysée, ne révèlerait pas des constantes biologiques similaires*, selon qu'elle provienne d'un organisme féminin ou masculin.Et ceci a amené de nombreux chercheurs à considérer que le genre conditonne fortement la vulnérabilité du corps à un type de pathologie plus qu'à d'autres.Alors existe-t-il des différences dans les problèmes de santé des femmes et des hommes? Si tel est le cas, comment expliquer un tel phénomène?

Physiologie féminine,Physiologie masculine
Tout d’abord, les femmes, (en moyenne statistique, bien entendu, et avec de larges variations individuelles) entendent deux fois plus fort (2,3 fois, en moyenne).Elle entendent avec leurs deux hémisphères, tandis que les hommes écoutent essentiellement avec l’hémisphère gauche, verbal, logique — et donc, critique. Les femmes mobilisent, en même temps, leur hémisphère droit (leur corps calleux** est plus important)et tout discours est donc coloré d’émotions, perçu subjectivement à travers leurs désirs et leurs craintes, leurs valeurs éthiques et sociales .
Elles entendent ce qui est dit, mais surtout comment il est dit: elles sont plus sensibles aux inflexions de la voix, au rythme de la respiration, etc.Bien entendu, cette prééminence de l’audition et de l’écoute subjective chez la femme n’est qu’un détailpour illustrer que globalement, la femme est beaucoup plus sensible : Son ouïe est plus développée (d’où l’importance des mots doux, du timbre de la voix, de la musique).Son sens du toucher est plus développé ( les femmes possèdent jusqu’à 10 fois plus de récepteurs cutanés pour le contact) ; l’ocytocine et la prolactine (hormones de l’attachement et des câlins) multiplient leur besoin de toucher et d’être touchées ;Son olfaction est plus fine : jusqu’à 100 fois, à certaines périodes du cycle.Son OVN (organe voméro-nasal, véritable sixième sens chimique et relationnel) perçoit les phéromones — qui traduisent plusieurs formes d’émotions : désir sexuel, colère, crainte, tristesse etc …Il serait aussi plus sensible chez les femmes (serait-ce là ce qu’on appelle « l’intuition »). Quant à la vue, elle est davantage développée et érotisée chez l’homme (d’où son intérêt et son excitation par les vêtements, le maquillage, les bijoux, ..). Cependant, la femme dispose d’une meilleure mémoire visuelle (reconnaissance des visages et rangement des objets).

Lorsqu’on pose un ballon par terre, les garçons shootent ; les filles le ramassent et le serrent contre leur cœur. Cela semble indépendant de l’éducation et de la culture, et donc directement lié à nos hormones.La testostérone (hormone du désir, de la sexualité et de l’agressivité, autrement dit hormone de la « conquête » militaire ou sexuelle) développe: La force musculaire (40 % de muscles chez l’homme, contre 23 % chez la femme) La vitesse de réaction et même l’impatience (92 % des conducteurs qui klaxonnent à un feu rouge sont des hommes !) ; L’agressivité, la compétition, l’instinct de domination (le mâle dominant engendre et maintient la qualité de l’espèce) L’endurance et la ténacité ; La cicatrisation des blessures ,la barbe et la calvitie;La vision de loin ; Le lancer de précision ; L’orientation dans l’espace (pour ramener le produit de la chasse jusqu’à la grotte). Le goût pour l’aventure, les expériences nouvelles et le risque (les génies, tout comme les fous, sont le plus souvent des mâles) .
Les œstrogènes développent : Les mouvements de précision ( la femme peut plier facilement chaque doigt séparément elle est très supérieure à divers tests de dextérité ), La graisse (pour la protection et réserve pour le bébé) : 25 % de graisse chez la femme, contre 15 % chez l’homme , La mémoire verbale (les noms) et la mémoire de localisation des objets ainsi que la vision de près (« grand angle » pour repérer sa progéniture et toute intrusion étrangère), ainsi que
l’ouïe : l’éventail des sons perçus est beaucoup plus large et les femmes chantent juste, six fois plus souvent que les hommesLeur reconnaissance des sons est bien meilleure (entendre et reconnaître son bébé) .La femme reconnaît et nomme les couleurs avec plus de précision (c’est le chromosome X qui est porteur des cônes, cellules nécessaires à la vision des couleurs) .(1)

Et si appartenir au genre féminin représentait un risque pour la santé ?

C’est en tout cas ce que pensent les professeurs Vera Regitz-Zagrosek de Berlin et Karin Schenck-Gustaffson de Stockholm qui estiment que les particularités liées à la physiologie féminine sont largement ignorées dans le domaine de la recherche médicale. Exemple : les médicaments prescrits aux femmes sont souvent peu adaptés à leurs besoins spécifiques, tout simplement parce que les médecins suivent des indications conçues pour les hommes. Ce n'est que depuis 2004 qu'une réglementation prévoit d'inclure les femmes dans les protocoles d'essais cliniques... sauf qu'il n'y a pour l'instant aucune obligation de le faire.
La recherche en médecine peut-elle s’intéresser davantage à ces dames ? C'est l'espoir de ces deux représentantes européennes des "gender studies", cette discipline universitaire récemment apparue aux Etats-Unis qui étudie les différences sexuelles.(2)

Outre les déterminants généraux, la santé des femmes dépend de facteurs spécifiques, que l'on peut lier schématiquement à la grossesse et aux risques sexuels.
La grossesse, l'accouchement et leurs conséquences constituent toujours les principales causes de décès, de maladies et d'incapacités chez les femmes en âge de procréer dans les pays en développement. La mortalité maternelle est actuellement estimée à 530 000 décès par an, soit un ratio de 400 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes dans l'ensemble du monde. Les taux de mortalité maternelle varient fortement selon les conditions économiques et sanitaires, avec pour conséquences des très fortes inégalités mondiales. En Afrique subsaharienne, 940 femmes décèdent des suites de la grossesse ou de l'accouchement pour 100 000 naissances vivantes. Ce taux descend à 13 dans les pays industrialisés.
Par ailleurs,si les femmes ont encore une longévité plus importante que celle de ces Messieurs , elles vivent moins bien leur vieillesse et parfois leur jeune âge puisqu'elle sont plus en mesure à développer certaines pathologies .En voici quelques exemples:

Les maladies Coronariennes
Les atteintes coronaires constituent la 1ère cause de mortalité et morbidité aussi bien chez les hommes que chez les femmes.Mais les premières manifestations de l'atteinte apparaissent 6 à 10 ans plutard chez les femmes puisque les Estrogène ont un rôle protecteur contre l'athérosclorose. De plusLa mortalité lié à l'atteinte cardiaque est en baisse chez les hommes alors qu'elle demeure constante dans le camp féminin, ceci étant dû au fait que les femmes associent souvent d'autre maladies chroniques tels que Diabètes et HTA qui altèrent aussi le capital artériel.(3)

Genre et Immunité
Que le système immunitaire soit plus réactif chez les femmes , ceci constitue une arme à double tranchant.En effet, les femmes ont souvent une meilleure défense contre les maladies infectieuses, mais aussi une Auto-réactivité qui aboutit à des maladies autoimmmunes plus fréquentes ,tel que le lupus érythémateux dissiminé(LED);donnant une atteinte multiviscérale et nécessitant un traitement très lourd. Ainsi les maladies autoimmunes constitue la 5ème cause de décès chez les femmes en âge de procréer. Les recheches ont prouvés nottament que les hormones sexuelles contribuent fortement aux developpement et l'exacerbation des manifestations autoimmunes du LED, mais leurs rapport avec les autres maladies de système reste moins clair:
Les hormones sexuelles
entraine une augmentation du taux d'Immunoglobulines ce qui renforce la réponse aux infections.De plus , les traitement à base d'Estrogènes induisent une activation des cellules lymphocytaires B (les cellules B Polyclonales)responsables de la synthèse des différents anticorps, nottament les anticoprs autoImmuns, ainsi que que la secrétion anormales de cytokines.Cependant, les hormones sexuelles ne peuvent pas à elles seules être à l'origine des maladies de système.En fait elles prépare le terrain à d'autres facteurs (génétiques et environmentaux) propice à ces maladies, et influencent leur gravité en modulant l'activité et la croissance lymphocytaire à différents stades de la vie : intra-utérin, prépubertaire et postpubertaire.Le mécanisme reste encore mal élucidé mais il semble qu'il passe par la glande thymique(véritable nursery pour les lymphocytes).(4)

Les troubles du sommeil

Bien que les troubles du sommeil sont deux fois plus fréquente chez les femmes , 75% des études les concernant ont été faites auprès de populations masculines.De là il serait difficile de comparer l'effet du manque de sommeil et la physiologie même du sommeil selon le genre.Plus loin, les recherches menés à ce sujet considère souvent ce qui est "Normal" pour les hommes comme valable aussi pour les femmes alors qu'on sait parfaitement qu'il y'ait des disparités à prendre en considération, comme les variations de sécretion de l'hormone de Croissance (la GH)ou autres hormones secrétés par des cellules Neuroendocrines..
la variation de la tempérérature corporelle,l'Humeur, l'état émotionnel le cycle menstuel, la grossesse et la ménopause ont un profonde répercussion sur la qualité du sommeil dans l'organisme féminin.Mais il est admis que jusqu'à l'age de l'adolescence, le sommeil est similaire chez les deux sexes.Les différences apparaissent alors seulement lors de la transition vers l'âge adulte, âge ou les hormones sexuelles entament leurs ascension.
(5)

Dépression et maladies mentales

A l'âge adultes, le femmes souffrent deux fois plus de dépression que les hommes, et ceci est valable pour tout les pays de la planète.A L'enfance, cependant, les filles ne semblent pas être plus dépressives que les garçons. Selon les études,Cette tendance féminine pour la baisse d'humeur apparaît à partir de l'âge 13 à 15 ans. Les modèles complets pour expliquer ce phénomène manquent, mais des mécanisme affectif(réactivité émotionnelle), biologique (prédispostion génétique,Pics hormonals et le timing de la puberté et du développement pubertaire) et cognitif(la conscience de son corps,etc..)intégrés tous à la fois avec des évenement négatif de la vie, sont les facteurs prédisposants à une vulnérabilité mentale plus importante au début de l'adolescence.(6)








(*) Les valeurs normales de l'hématochrite, Nombre de globules rouges, taux d'hémoglobines, taux de créatinémie, etc.. diffèrent chez les deux sexes.
(**) le corps calleux est un faisceau de neurones qui relient les deux hémisphères du cerveau.
(1)Yvon Dallaire- Moi aussi...moi non plus
(2) WHO: World Health Organisation
(3)Impact of gender on treatment and clinical outcomes in acute ST elevation myocardial infarction patients in Thailand.: Pubmed
(4)Gender and immunity:Pubmed
(5)Sleep, Sex Differences, and Women's Health
(6)The ABCs of depression

Photo: Ekosystem -Mexico

samedi 23 août 2008

Even Doctors Can be Sick

samedi 23 août 2008










wolfescape.com

samedi 16 août 2008

L'insondable abîme des fringales

samedi 16 août 2008



En toute Faim
Pour L'Homme
point de satiété
Dans toute haine
Dans tout amour
Nourris
aucune réplétion

En toute richesse
Point de contentement
Le manque germe
dans la peau de
l'engorgement

mercredi 13 août 2008

Isomères Miroirs (3)

mercredi 13 août 2008



Il naît normalement dans le monde 105 garçons pour 100 filles et cette constante biologique de l’espèce humaine est immuable. Pourtant la proportion de garçons chez les nouveau-nés s’est mise à augmenter dans les années 1980 dans plusieurs pays d’Asie de l’Est, notamment en Chine et en Corée du Sud . Une préférence marquée pour les garçons existe dans ces pays en raison du fait que la société y est fortement patrilinéaire – la propriété et les droits s’y héritaient de père en fils il y a encore peu de temps – et la place des femmes est réduite, ce qui fait que les familles tiennent beaucoup à avoir au moins un enfant mâle pour perpétuer la lignée masculine.
Cet enfant devra prendre soin des parents pendant leurs vieux jours et leur rendre ensuite le culte dû aux ancêtres comme il en est coutume dans le confucianisme.en fait Depuis les temps anciens, selon le dicton chinois :« les trois moments les plus beaux de la vie sont la réussite à l’examen impérial, le mariage et la naissance d’un fils ».
L'inde elle est une des seules nations, à l'instar de la Chine, dont la population se caractérise par un continuel nombre de filles inférieur à celui des garçons. le recensement indien de 2001 a dénombré 108 garçons pour 100 filles. Dans le contexte patriarcal indien, où le fils est d'une importance familiale primordiale par rapport à la fille qui coûte très cher à ses parents, l'infanticide des filles est relayé depuis trois décennies par l'avortement sélectif des embryons femelles. Ces deux pratiques se traduisent par des taux déséquilibrés entre filles et garçons. Depuis plusieurs années, le gouvernement tente de lutter contre les techniques de sélection sexuelle qui se développent. Mais l'opinion publique n'est pas unanime et les médecins, principalement dans le privé, en ont fait une véritable manne économique.
Quoique très éloignés géographiquement de la Chine et de l’Inde, les trois pays du Caucase (Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan) ont connu le même phénomène de hausse du rapport de masculinité à la naissance dans les années 1990 jusqu’à près de 118 garçons pour 100 filles en 2001 . Comme en Asie de l’Est et du Sud, le phénomène vient d’avortements sélectifs d’embryons féminins.(1)

De l'infanticide au foeticide féminin


La masculinité anormalement élevée des naissances en Chine et en Corée pourrait aussi s’expliquer par l’infanticide des petites filles. Cette pratique est signalée depuis longtemps en Chine et dans d’autres pays d’Asie et elle s’accompagne souvent denon-déclaration de la naissance de l’enfant éliminé, ce qui contribue au déficit apparent de filles dans les statistiques. Mais la masculinité des naissances était à peu près normale dans les années 1970, signe que l’infanticide des petites filles avait reculé ou n’était pas si répandu qu’on l’imaginait. La possibilité depuis une vingtaine d’années d’avorter des filles permet d’éviter l’infanticide et doit contribuer au contraire à en diminuer la fréquence. On ne peut davantage expliquer l’augmentation de la masculinité des naissances depuis deux décennies par la non-déclaration des filles : si certaines ne sont pas enregistrées à l’état civil lors de leur naissance, peu d’entre elles échappent ensuite au recensement de la population étant donné le soin mis à le réaliser.(1)
D'autres méthodes plus radicales existent pour éliminer les bébés filles après la naissance tels que l’empoisonnement, l’égorgement, la privation de nourriture, la suffocation et la noyade.
L’élimination de fillettes dans les villages du Nord Arrot en Inde est souvent justifiée par des causes naturelles ; on les dit mort-nées. Certains parents arrivent même à obtenir des faux certificats de décès auprès de médecins corrompus. Les corps des enfants sont ensuite brûlés afin de détruire toute preuve. Lorsqu’il est prouvé que les parents empoisonnent leurs fillettes, ils changent de méthode en laissant par exemple le bébé mourir de faim.Selon certains rapports, de mauvais traitements sont infligés aux mères et aux nouveaux-nés si l’enfant est une fille plutôt que le fils désiré. La mère et le nourrisson sont maltraités parce qu’ils sont perçus comme une charge et souvent ne reçoivent aucun soin médical. 90% des infanticides surviennent dans les familles où il y a déjà deux filles. Si elles survivent, elles vont vraisemblablement souffrir de négligence puisque les parents méprisent ouvertement ces petites filles. Il est à noter que la plupart des meurtres de ces fillettes sont commis par les femmes âgées de la famille. (2)

La méthode utilisée dans les pays où la proportion de garçons a augmenté consiste à déterminer le sexe de l’embryon pendant la grossesse et à avorter s’il n’est pas celui désiré. La méthode n’est pas efficace à 100%: elle permet d’éviter la naissance d’une fille, mais n’assure pas la naissance d’un garçon. Plusieurs grossesses et plusieurs avortements successifs peuvent donc précéder la naissance d’un garçon, certains couples ne réussissant toujours pas au bout de plusieurs tentatives. La méthode suppose en outre que l’on puisse déterminer le sexe du foetus pendant la grossesse.
En fait,ce n’est que depuis 1972 qu’on sait le faire en prélevant des cellules foetales par amniocentèse et en établissant le caryotype. Le procédé est cependant lourd et coûteux. Il reste l’apanage des pays riches ou d’une minorité aisée des pays pauvres. Le perfectionnement de l’échographie dans les années 1970 et sa large diffusion depuis les années 1980 grâce à la mise au point d’appareils de dimension réduite et de faible coût a rendu le diagnostic du sexe pendant la grossesse accessible au plus grand nombre. Cette méthode permet de connaître le sexe sans trop d’erreurs à partir de 3 à 4 mois de grossesse


Les femmes manquantes


Avec 100 millions de femmes de moins que d’hommes, l’Asie est le continent le plus masculin au monde.UNE SITUATION UNIQUE AU MONDE, UNIQUE DANS L’HISTOIRE - La Chine et l’Inde comptabiliseraient à elles seules 80 millions de femmes manquantes. Malgré le premier cri d’alarme lancé en 1990 par Amartya Sen, économiste indien devenu prix Nobel d’économie en 1998, la situation a encore empiré.
Doit-on s’attendre à une extension planétaire du phénomène? Ce n’est pas sûr : plusieurs pays d’Asie de
l’Est ou du Sud où la fécondité a fortement baissé récemment ont toujours un rapport de masculinité normal (Indonésie, Vietnam, Singapour). Le phénomène n’est pas davantage apparu dans les pays voisins du Caucase (Russie, Iran, Turquie) ou en Asie centrale.
Il en est de même au Bangladesh et au Pakistan, mais la fécondité de ces pays, même si elle a baissé, reste encore assez élevée et il est possible qu’ils seront touchés lorsqu’elle aura chuté à leur tour. Sans parler du reste du monde (Amérique latine, Afrique, Amérique du Nord, Europe) où là aussi le rapport de masculinité est resté normal jusqu’ici. Cependant, même si le phénomène doit rester limité à quelques pays, il a une dimension planétaire en raison du poids démographique de deux d’entre eux – la Chine et l’Inde regroupent 38 % de la population mondiale et le tiers des naissances mondiales.
Que le déséquilibre des sexes à la naissance s’étende ou régresse à l’avenir, des générations d’enfants sont déjà nées avec une surreprésentation de garçons. Ils risquent d’en subir les effets tout au long de leur vie, notamment lorsqu’ils auront l’âge de se mettre en couple: en 2020, le nombre d’hommes sans épouse et sans enfants devrait atteindre 28 à 32 millions en Inde, et 30 à 40 millions en Chine. En effet, le meurtre des filles signifie moins de femmes et de mères pour les générations à venir, donc une décélération rapide de la croissance démographique et surtout un déséquilibre accru de la population mondiale entre hommes et femmes.
Dans un proche avenir, nous pourrions assister à ce qu’Amin Maalouf a décrit dans son livre « Le premier siècle après Béatrice » : "Aujourd’hui tare sociale, le culte du mâle deviendrait alors suicide collectif". On assisterait alors à "l'autogénocide des populations misogynes."(2)




(1)POPULATION ET SOCIÉTÉS,
(2)Comité ONG de la Condition de la Femme – Genève
Photo : Jacek Yerka: peintre Polonais

dimanche 27 juillet 2008

Isomères Miroirs(2)

dimanche 27 juillet 2008
A l’Antiquité, les savants sont encore bien loin de soupçonner l’existence des chromosomes et diverses théories fleurissent. En particulier, Aristote suggère que l’été est plus propice à la conception d’une descendance masculine et déclare que plus la passion est brûlante, plus les chances de donner naissance à un garçon sont élevées. Il place ainsi la différence entre les deux sexes dans une opposition de froid et de chaud. Il défend que la femme est un homme "inachevé" justement à cause de sa froideur qu’il considère comme un frein au développement des attributs masculins. Le modèle de la "température" persiste au fil des siècles et prend toute sa mesure à la Renaissance. L’homme et la femme y sont définis par une série d’oppositions : froide/chaud, imparfaite/parfait, humide/sec, intérieure/extérieur. Selon ce concept, le sexe de la femme est naturellement un sexe masculin inversé que la froideur retient à l’intérieur du corps. Il faudra attendre le siècle des Lumières pour que l’homme et la femme soient décrits d’un point de vue purement anatomique.

Un peu d'histoire
L’année 1890 amorce un nouveau virage lorsque le biologiste allemand Hermann Henking isole le chromosome X. Une dizaine d’années plus tard, Clarence E. McClung propose que cet élément "accessoire", à la fonction alors incomprise, soit lié au sexe mâle. Peu de temps après, la biologiste Nettie M. Stevens et le professeur Edmund B. Wilson, tous deux américains, entreprennent d’élucider son rôle. Chacun de leur côté, ils publient en 1905 des observations similaires : chez certains insectes, le sexe est déterminé par la présence d’un petit chromosome chez le mâle et d’un grand – en l’occurrence X, chez les femelles.Conscients que leur découverte ébranlera l’école qui leur fait face et qui, elle, prône l’influence de l’environnement, ils continuent dans les années suivantes à rechercher des confirmations de leurs premiers résultats. L’ironie de l’histoire veut que leur principal opposant expose, un peu plus tard, leur théorie au grand jour.C’est finalement lui qui apportera une illustration incontestable de la détermination chromosomique du sexe, et laissera ainsi son nom gravé dans l’histoire des sciences.Les découvertes reprennent leur cours en 1912. Hans von Winiwarter constate que la femme présente deux exemplaires du chromosome X alors que l’homme n’en porte qu’un. Quant à Y, longtemps passé inaperçu du fait de sa petitesse, la lumière sur son existence est faite bien plus tard. Le zoologiste américain Theophilus S. Painter le découvre chez plusieurs animaux et chez l’homme au début des années vingt.

Le couple X Y
Ce n’est certes pas un hasard si X et Y n’ont pas été identifiés conjointement. Ils forment le couple le plus mal assorti. Si nos chromosomes s’associent en effet dans des paires similaires selon le credo "qui se ressemblent s’assemblent", X et Y font figure d’exception. X est d’une taille tout à fait "conforme" à celle des autres chromosomes, tandis que Y est étonnamment court. Leur contenu diffère également singulièrement. X affiche environ 1100 gènes alors que Y peine avec ses 76 gènes. Pourtant ils partagent une même origine et il fut un temps où ils se ressemblaient étrangement. L’évolution a cependant largement escamoté Y sur sa longueur et ce en quelque 300 millions d’années. Un processus de dégradation certes lent mais qui paraît inexorable. "Y" serait-il menacé ? Le sexe masculin serait-il en voie de disparition ?… Les scientifiques ne s’inquiètent pas seulement sérieusement du devenir du chromosome mais s’interrogent aussi sur la pérennité de l’espèce humaine…(1)

Mais Qui est ce qui décide du sexe?
L'être humain possède dans le noyau de chacune de ses cellules 46 chromosomes, dont 22 paires d'autosomes, numérotés de 1 à 22 et une paire de chromosomes sexuels ou gonosomes appelés X et Y. La femme compte deux chromosomes X alors que l'homme possède un X et un Y. Chez la femme l'un de deux chromosomes X est inactivé sous la forme d'un amas d'hétérochromatine, ou chromatine sexuelle, le corpuscule de Barr. Ainsi un seul des deux X est fonctionnel.La présence d'un chromosome Y induit le développement de gonades masculines (testicules) alors que son absence entraîne la formation de gonades feminines (ovaires). Donc Ce n'est pas le nombre de chromosomes sexuels qui affecte la détermination du sexe mais bien la présence ou l'absence du chromosome Y.Toutefois le chromosome Y ne suffit pas à lui seul pour former un organe aussi complexe qu'un testicule, son rôle est cependant primordial car il contient un gène qu'on pourrait qualifier «d'aiguilleur» ou «master gene», qui est nommé SRY(*) (sex determining region Y gene). Ce petit gène (un seul exon), localisé sur le bras court (Yp) du chromosome Y, est exprimé dans les précurseurs des cellules de Sertoli et contrôle l'expression de nombreux autres gènes situés sur les autres chromosomes autosomiques et au niveau du chromosome sexuel X.En l'absence de SRY et en présence de deux chromosomes X, la gonade se différencie en ovaire.
Cette période de différenciation gonadique se réalise chez l'homme entre la 5ème et 8ème semaine de gestation.(4)

En Octobre 2006 Les travaux dirigés par l’Italienne Giovanna Camerino révèlent des observations surprenantes. Dans une famille italienne, plusieurs frères sont XX. Quoique stérile, chacun est pourvu de tous les atouts masculins. D’autres hommes XX avaient précédemment déjà attiré l’attention et on avait alors découvert qu’ils avaient hérité du gène SRY paternel suite à son transfert de Y sur X. Mais les frères italiens ne portent pas SRY. Comment se fait-il alors qu’ils soient "mâles" ? En étudiant la fratrie, les chercheurs ont fait une double découverte : une protéine connue sous le nom de RSPO1 est absente chez ces frères, suite à une modification de son gène, alors qu’elle semble essentielle dans le déterminisme sexuel de la femme.
Très rares, les anomalies affectant les chromosomes sexuels sont toutefois diverses et rendent généralement stériles ceux qui en sont victimes. Autre exemple, en miroir aux hommes XX, certains individus XY se révèlent être des femmes car dépourvus du gène SRY. Plus déconcertantes encore sont les personnes qui héritent d’un nombre anormal de chromosomes sexuels. Parmi eux, on retiendra ceux qui sont affectés du syndrome de Turner ou de celui de Klinefelter, plus fréquents que les autres. Vivent avec le syndrome de Turner les femmes X0 – soit avec un seul X et sans Y. Dotées d’un utérus et d’ovaires réduits, elles sont souvent de petite taille et ne développent ni seins ni pilosité. A l’opposé, le syndrome de Klinefelter concerne les hommes XXY. Enfants plutôt grands, les testicules demeurent atrophiés et stériles à la puberté tandis que des glandes mammaires peuvent bourgeonner. Ces troubles détectés dans l’enfance peuvent être heureusement corrigés à l’âge pubère à l’aide d’un traitement hormonal.(1)


Du masculin au féminin

On sait depuis 1950 (travaux de Alfred Jost(2)) que la différenciation sexuelle secondaire (sexe phénotypique) par opposition à la différenciation sexuelle primaire (sexe gonadique) dépend essentiellement de facteurs hormonaux. A.Jost a démontré que la castration d'un embryon de sexe chromosomique masculin (XY) induit le développement du phénotype féminin.
L'appareil génital féminin se différencie, quant à lui, spontanément dans le sens féminin en l'absence d'imprégnation hormonale.On dit que le sexe femelle est le sexe constitutif ou sexe "par défaut". En fait,3 hormones participent à la masculinisation du foetus:la testostérone , la AMH ou Anti-Müllerian Hormone"( dont le gène est situé, chez l'homme, sur le chromosome 19 ) et un facteur de type insuline: l'insuline-like hormone 3 ou InsL3(produite uniquement dans les cellules de Leydig)
Tout commence en fait dans l’utérus après la fécondation. Bien que l’embryon soit déjà XX ou XY, il n’est ni mâle ni femelle jusqu’à la sixième semaine de grossesse. Il n’a ni ovaires ni testicules, mais des glandes génitales alors indifférenciées. Toutefois il est équipé d’un double système de conduits génitaux : les canaux de Wolff et les canaux de Müller qui évolueront, le premier vers la voie mâle, et le second vers la voie femelle..
Sous l'effet d'AMH, les canaux de Müller régressent, et en présence d'InsL3, se declenche la descente des testicules dans le scrotum.
les cellules interstitielles de leydig( siègeant dans les testicules) sécrètent des quantités croissantes de testostérone, dès la septième semaine, qui atteignent leur maximum au cours du 2e trimestre, période décisive de la différenciation sexuelle masculine. (3)

à suivre





(*)Malgré l'action a priori dominante du SRY, les anomalies de la différenciation sexuelle ont permis de montrer l'implication d'autres gènes localisés sur le chromosome X, ainsi que sur certains autosomes (9, 11, 17, 19).
Voir aussi :Rôle du SRY
(1)"Etre ♂ ou ♀, telle est la question" par Séverine Altairac
(2)Alfred Jost biologiste français
(3) Embryologie.ch
(4)Determinisme du sexe


A lire:
Hommes, femmes, la construction de la différence de Françoise Héritier


vendredi 18 juillet 2008

Isomères Miroirs (1)

vendredi 18 juillet 2008



Du grec isos (identique) et meros (partie) l'isomérie est définie comme étant le cas où des molécules ont la même composition atomique mais ont des arrangements d'atomes différents.
Une molécule de configuration donnée est dite chirale si elle est non superposable à son image dans un miroir plan (elle est dépourvue de plan et de centre de symétrie). Deux énantiomères (ou inverses optiques ou antipodes optiques) sont donc symétriques l'un de l'autre dans un miroir ET non superposables.(1)
Peut être est-ce l'une des plus ingénieuse loi de la nature que reconnaitre la fonction des molécules par leur simple configuration dans l'espace.Et savoir que tout le corps bat de l'aile rien qu'une enzyme ait perdu sa véritable configuration spatiale par une quelconque erreur de production m'a beaucoup intrigué en apprenant ma biochimie . Mais cette loi de symétrie et asymétrie va au delà de l'infiniment petit.
Un seul Chromosome en réalité a suffit pour faire de nous, Hommes et femmes des isomères. Semblables mais pas tout à fait. Antipodes mais à quel Point?En fait nous sommes plus identiques que différents.Nos ressemblances constituent 97.83% de la Nature humaine.Hommes et femmes , ont deux jambes , deux bras une tête et leur vie tournent autour des mêmes dimensions, l'amour le travail , la santé, etc..
Cette différence de 2.17% bien que très fortement imprégnée par la culture et l'environnement social reste en grand partie due à la génétique .En gros ce n'est qu'une question d'ADN.La femme a deux chromosome X alors que l'homme a un X et un Y.
Pourquoi sommes nous donc faits ainsi? et comment s'imprègnent nos corps (nos âmes? )et notre santé de cette différence?

Au commencement l'Androgynie

Selon le premier récit de la Création de la Genèse, Adam, l'homme originel, apparaît sous un aspect hermaphrodite, image d'une unité première encore indifférenciée et antérieure au surgissement du temps, conçue comme sphérique, « œuf primordial » ou « embryon de l'Immortel » et présentée dans de nombreuses cultures comme l'innocence ou l'âge d'or à reconquérir. Chez les latins, l'indécision sexuelle des dieux fut chose fréquente, de même que la mythologie grecque propose un grand nombre de divinités bisexuelles comme Adonis, Dionysos ou Aphrodite. Au reste, cette association de l'origine, de la bisexualité et de la sphère ovoïde se retrouve dans Le Banquet de Platon, où il est dit qu'au début des temps était un être unique sphérique qui pour la forme comme pour le nom - Androgyne est son nom (andro, mâle / gyne, femelle) - tenait à la fois du mâle et de la femelle avec quatre bras et quatre jambes, deux organes de génération et deux têtes. Mais cette constitution donnait aux hommes une vigueur rayonnante et une puissance spécifique telles que très vite ils décidèrent de s'en prendre aux dieux, d'escalader le ciel pour les attaquer. Alors, un dieu en colère les coupa en deux moitiés pourvues chacune d'un visage, afin qu'elles se regardent et mènent une existence différenciée, les arrachant de ce fait à leur félicité circulaire. Aristophane de commenter: « C'est sans doute de ces temps reculés que date l'amour inné de l'homme pour son semblable, l'amour qui tente de retrouver notre condition première, de refaire l'unité rompue et de rétablir ainsi la nature humaine. » A partir de là, ces deux tronçons, jetés au hasard dans le monde, vont errer et se chercher, malheureux et incomplets, jusqu'à ce qu'ils "reconnaissent" celui ou celle qui, de toute éternité, représente la "moitié" disparue. C'est leur destin, leur fatalité: s'ils y échappent, ils ne pourront jamais se réaliser. Ajoutons cependant que les hommes qui sont amoureux des femmes ou les femmes qui aiment les hommes ne forment qu'une catégorie d'êtres humains. Il y en a deux autres: les femmes qui se tournent plutôt vers les femmes parce qu'elles sont "une coupure de femme" et les hommes qui aiment les hommes et qui ont du plaisir à s'enlacer à eux, parce qu'ils sont "une coupure d'homme". De ces trois catégories, Platon privilégiait moralement la troisième, car l'amour, selon lui, ne devait pas s'arrêter à l'amour de l'Autre, à une relation intersubjectice, c'était une aspiration à la Beauté dans sa neutralité intelligible, en vue de l'immortalité. Et là on peut soupçonner qu'il désirait le retour au Même, à l'Origine, source de volupté, qui est bien un souvenir, non pas du voyage de l'âme avant la naissance, mais d'un lieu souterrain, en forme de grotte...
Selon la doctrine chrétienne, il existe, au demeurant, une étroite corrélation entre Adam et le Christ. La divinisation à laquelle l’homme est convié lui fait retrouver cet androgynat perdu par l’Adam différencié et rétabli grâce au Christ – Nouvel Adam, ‹‹ héros-crucifié-ressuscité-sauveur ››.
Qu’on évoque le Banquet de Platon ou encore les doctrines des gnoses chrétiennes, le romantisme ou le surréalisme, l’androgynie est toujours présentée comme l’état initial qui doit être reconquis, le bonheur suprême. Las, seule la mort confère à l’être cette unité détruite par la vie, dans la mesure où, derrière la recherche de l’Amour, se dissimule ’aspiration à une existence paradisiaque, au retour à l’indistinction primordiale. Les psychanalystes partagent l’opinion des mystiques, quand ils notent qu’en tout être humain et à tous ses niveaux d’existence coexistent la vie et la mort, Eros et Thanatos, à savoir une tension entre des forces contraires. ‹‹ Ressembler à un tubercule, être recouvert de terre, ne plus supporter arrachement des entrailles ›› comme l’écrit
Violette Leduc, c’est encore une fois assimiler la terre à la mère et réaliser le retour tant désiré à une totalité sans fissure, au séjour dans un lieu originel où le sexe n’était pas encore déterminé. L’idée est toujours la même: mourir à une forme de vie pour renaître à une autre forme, régénéré par le contact vivifiant avec la terre.




To be continued



(1)Stéréoisomérie
(2)androgynie anorexie-Patricia bourcillier

mardi 1 juillet 2008

Bonheur Noyé

mardi 1 juillet 2008
Photo de JS Monzani

Il choisit toujours la solution la plus compliquée , l’inexorables lois de tout parfait. Jamais il n’aurait songé, que le sang pourrait régurgiter dans ces veines collabées.
Pourtant , depuis ce jour il était comme happé, aspiré , dévoré .
De l’eau à perte de vue, et une émotion qui remonte jusqu’aux tréfonds.Oui il l’aimait.
Plusieurs mois ont passé.Ils se sont croisés, décroisés, recroisés. Ils n'osait pas se l'avouer , parce qu'il ne faut pas parce qu'ainsi il n'était plus lui. Pourtant, un soir il a fait un rêve bizarre. C'était cet énorme château à moitié noyé, recouvert mais qui émergeait , flottait en tergiversation et divaguait. Il n'avait point compris .Mais aujourd'hui il sait. La vérité s'est dénudé: Le bonheur c'est d'être chez soi dans ce qu'on fait, dans ce qu'on dit , dans ceux avec qui on est.Le bonheur c'est cette bâtisse qu'on crée , enveloppe tout ce qu'on est .Le bonheur c'était ce château qui divaguait.Le bonheur c'était en elle qu'il aurait trouvé.


Pour paroles plurielles

samedi 21 juin 2008

Envol

samedi 21 juin 2008




Est-ce encore une fin
ou le détour d'un commencement
Quand
Un frisson s'amorce
Quand
le corps soupire
Quand
un frémissemet se ressent
par une ablution
Le passé fend
Au grè de l'eau
l'amour reprend
les côtes se rehaussent
Les vertèbres ripostent
Pour enlacer la vie
s'aggriper au temps





mardi 28 août 2007

Through a Glass Darkly

mardi 28 août 2007


Quand tout est pensé, tout est dit
le coeur pourtant triomphe de l'esprit

en accueillant enfin l'espoir

nous acceptons de recevoir


Attendre et encore espérer
que dans un plus vaste univers

ce qui fut ici commencé
va fleurir ne point se défaire

Pensons encore à cette vie
plus vaste ,découverte, amie

attendant une vérité

Ensemble ici d'avoir été


A.H Clough - poèmes

Un petit poème pour fermer en douceur les volets de ce blog. Ce sera la dernière note pour cet été .J'ai eu beaucoup de plaisir à faire ces posts ,et encore plus de plaisir à les partager avec vous.Merci pour ce bel échange.
à l'été prochain .


samedi 25 août 2007

Colère Noire, Colère Bleue

samedi 25 août 2007


Fille de l'Air et de la Terre,comme dit la légende, la colère et l'un des sentiments humains les plus archaïques.Source de tension et d'animosité, elle alimente depuis toujours les révoltes et les guerres. "La colère c'est la violence des faibles"dit-on,pourtant la colère est souvent associée à tort ou à raison à la violence.Que l'on soit expressif ou pas , les moments de colère font émerger, la part la plus "forte" de chacun. Mais pourquoi fait elle peur ?

La colère, c'est quoi?
Vient du grec kholê, "bile", qui a donné cholera. La colère était associée à un échauffement de la bile : la chaude chole ou "bile chaude" et "cholère" (air, chaud et humide). En fait, dans l'antiquité, on pensait que l'humeur(1)(sang, bile,lymphe) est influencée par le caractère de la personne.On désignait d'humeur cholérique une personne qui s'énervait, s'emportait facilement.
Dans la tradition catholique, la colère fait partie des sept péchés capitaux.Chez les bouddhistes, elle fait partie des trois poisons de l'esprit, avec l'avidité, ou Trishna, et l'ignorance, ou Avidyā.
"Les Dieux sont autocrates. Ils ont confisqué l'immortalité et la colère". Seul Dieu a le droit d'être en colère" : c'est l' ire de Dieu, un flot d'ouragan, un souffle torride qui balaye tout sur son passage(2).Dans les versets coraniques et dans les hadiths, « La colère est une braise qui s’enflamme dans le cœur du fils d’Adam. » et ,vertueux est celui qui la contient :« Le serviteur qui retient sa colère pour la face d'Allah, Allah empli son cœur de foi »(*).

Plus scientifiquement parlant,La colère est comme la peur, la joie, le dégoût ou encore la surprise, régis par deux structures anatomiques essentielles : l'hypothalamus et système limbique , celui ci fait partie de ce qu'on appelle le cerveau primaire.Et si on dit que lacolère est l'animal en nous, c'est que pendant la colère, le cerveau limbique(siège de nos émotion)s'impose par opposition au néocortex : siège des pensées , du langage etc..

Comme toute émotion, la colère est accompagnée de changements physiologiques et biologiques : le rythme cardiaque et la pression sanguine augmentent, tout comme le taux d'adrénaline qui envoie alors à notre cerveau le message qu'il y a menace et que nous devons réagir. Bien qu'il puisse s'agir d'une menace physique, le plus souvent c'est lorsque notre amour-propre ou notre dignité est menacée que nous réagissons avec colère . Le fait d'être traité injustement, d'être bafoué, ridiculisé ou humilié entraîne souvent de l'agressivité. S'ensuivent des ruminations qui, à leur tour, attisent notrecolère. La colère se nourrit de la colère. On observe alors un processus d'escalade où une pensée en entraîne une autre, qui nous met davantage en furie et qui peut dégénérer rapidement en violence. Cette violence peut être refoulée et retournée contre soi ou elle peut exploser et être tournée contre les autres. Dans un cas comme dans l'autre, ces deux extrêmes peuvent entraîner des conséquences très fâcheuses.

Ce phénomène d'escalade explique, entre autres, pourquoi un événement bénin peut provoquer chez une personne, déjà énervée et irritée, une réaction violente et disproportionnée.(3)

Colère et violence
Contrairement à une opinion populaire, la colère intense ne conduit pas nécessairement à la violence. C'est seulement chez les personnes déjà prédisposées à la violence qu'une forte colère débouche ainsi. Il faut d'autres facteurs que la colère elle-même pour expliquer l'action brutale même si, chez le violent, c'est souvent la colère qui sert de déclencheur.

À force d'associer l'agressivité à la violence, on en vient souvent à vouloir réprimer l'expression de la colère elle-même. Mais cette direction conduit directement à une impasse et à des conséquences néfastes qui ressemblent étrangement celles qu'on voudrait éviter: plus de violence destructrice.

Il est impossible de faire disparaître la colère; elle fait partie du répertoire fondamental de la vie émotionnelle. Il s'agit d'une émotion normale qui, comme toutes les émotions, est saine en elle-même. Comme les autres émotions, elle est même nécessaire aux processus adaptatifs qui permettent de conduire notre vie et nos rapports avec les autres.
La colère éclatée est l'inverse de la colère canalisée; soit qu'elle reste sans cible, soit qu'elle vise une mauvaise cible. On peut penser, par exemple, à la personne qui tempête contre tout et tout le monde ou à celle qui se soulage sur un bouc-émissaire. On peut évoquer aussi celle explose pour se soulager, sans se soucier des conséquences. Il est évident que ces manifestations de colère ne peuvent déboucher sur la satisfaction que par accident. (5)


les bienfaits de la colère

La colère peut se comparer à des murs infranchissables, des obstacles qui se dressent devant nous et provoquent notre frustration. Nous sommes, très souvent, les premiers responsables de sa présence sur notre route, parce que ces murs, on les érige soi-même. Elle nous apprend surtout à améliorer notre capacité à créer des solutions multiples. Les notions d’estime de soi et de respect des autres tiennent un rôle déterminant dans la façon de vivre nos révoltes intérieures.

La colère peut être bien vécue et faire avancer les choses. Cependant, mal contrôlée et mal vécue, elle peut envenimer des situations et les faire tourner au désastre pour soi et pour l’entourage et déboucher sur des comportements désordonnés et destructeurs. Nous sommes profondément conditionnés à faire route avec nombre de ces situations où apparaîtront de l’agressivité, de lacolère , des sentiments d’injustice ou de la rancoeur. Nous pouvons choisir de ne jamais riposter si on nous attaque. Mais nous pouvons aussi choisir de développer des outils d’affirmation personnelle qui nous permettront de composer le plus harmonieusement possible avec le monde qui nous entoure et d’améliorer nos rapports avec ceux qui vivent près de nous. (4)
Plus loin encore, des études faites sur des femmes atteintes de cancers on a montré que l’espérance de vie est plus grande si ces dernières expriment leur colère. Au cours d’entrevues effectuées auprès d'elles , on a vu se manifester des comportements de rage comme moyen de survie, et aussi comme une technique cruciale qui permette à ces femmes de se regrouper et de recréer des liens avec leur propre personne.(6)

Colère et ressentiment
Le ressentiment s'apparente à la rancune; les deux expériences s'organisent autour d'une colère conservée. Celle-ci n'est pas toujours présente à la conscience, mais on y réfère de temps en temps, ce qui réveille l'animosité.

En plus de cette colère statique, le ressentiment renferme une importante tristesse. Cette dernière est cependant peu apparente, car la colère lui sert de paravent. Comme la rancune, le ressentiment résulte d'une colère avortée et s'applique à un événement qui est terminé. Cet événement peut être récent ou appartenir à un passé lointain.

Contrairement à la rancune, qui est surtout statique, le ressentiment est une expérience qu'on pourrait qualifier de "vivante". En effet, la personne qui l'éprouve conserve précieusement sacolère et va même jusqu'à la cultiver en ramenant à sa mémoire les faits qui l'ont déclenchée. La tristesse, par contre, est ignorée autant que possible, comme si la ressentir pouvait diminuer lacolère à laquelle on ne veut pas du tout renoncer.

Le ressentiment se caractérise aussi par le fait qu'il s'appuie sur la perception d'une d'injustice. C'est à cause de cette perception que celui qui l'éprouve ne veut pas se départir de sacolère . Ne pas conserver son ressentiment serait à ses yeux une façon d'endosser l'inacceptable. De plus, il désire empêcher le responsable de cette injustice de se sortir indemne de la situation. Cet objectif se manifeste souvent par une recherche de vengeance qui n'a pas de fin.

Aussi, il faut savoir que le ressentiment est toujours un choix (éclairé ou non). C'est souvent l'option la plus facile pour celui qui ne sait pas que sacolère pourrait être traitée différemment. Dans plusieurs cas, ce choix devient délibéré; il sert alors à conserver intacte la mémoire de ce qui l'a choqué.
Le choix du ressentiment contient en plus une volonté de ne pas exprimer la colère et la tristesse de façon complète, directe et avec leur intensité. C'est surtout le cas lorsqu'on éprouve le ressentiment envers des personnes qu'on côtoie encore.
En refusant cette expression, nous maintenons notre ressentiment dans notre expérience présente. Autrement dit, nous portons unecolère étouffée et une tristesse larvée dans notre contact avec ceux à qui nous en voulons.

Le plus souvent, le ressentiment est une expérience émotive que nous désirons conserver intacte. Mais encore plus que la rancune , ce sentiment nous empoisonne la vie. La rancune est rarement au centre de notre expérience. Le ressentiment, au contraire, y occupe une place importante. C'est parce que nous tenons à le cultiver qu'il prend un telle part dans notre expérience actuelle. C'est aussi parce que nous voulons maintenir notre lien avec ce passé.

En résumé, on pourrait donc dire que le ressentiment nous sert à maintenir la force de notre colère et de notre lien émotif avec une expérience passée. Mais en même temps, cette fidélité à notre colère nous maintient dans une position de fermeture et de tristesse tout en nous interdisant tout nouveau contact qui pourrait être réparateur.(5)

Bref,

bien qu'elle soit considérée comme une énergie négative, la colère est avant tout cet instinct de survie qui s'érige au front du monde, et qui tend à défendre cette part de nous menacée.
et bien que je me considère de ceux qui contiennent mal leur colère, je ne lui ai trouvé d'éxutoire que dans le silence. Reste à chacun d'employer sa respiration, ou son stylo, pour la faire éteindre, tant que le cerveau n'ait pas pris feu.


(1) Le mot humeur vient du latin umor, qui est lui-même un mot venant du grec ancien et qui signifie liquide
(2) wiképidia
(*)Hadiths
(3)centre d'orientation et de consutlation psychologique
(4) Psycho-textes
(5)Red-psy
(6) Femmes et colère

lundi 20 août 2007

....Eye to Eye

lundi 20 août 2007

Yeux en regards
yeux en exaltation
des mots aiguillonnés
des verbes en suspens
Quand l'oeil parle
la langue se tait

Prunelle à prunelle
des âmes en etreinte
Amour exhalé
silence fusible
Nul besoin de se dédire
Tout transparait

Yeux grimés
Yeux papillons
y émerge le doute
sombrent les questions
Quémander le monde
sans être fuyard ni rebutant
Resserre pour l'âme
demeure de toute vérité
Il suffit de pouvoir lire
pour écouter.

jeudi 16 août 2007

ashes to ashes dust to dust (3)

jeudi 16 août 2007



La douleur, ça se passe dans ma tête ?

Ecchymose , plaie, contusion, hématome, souvent il n'en est rien.La douleur existe d'elle même sans dommage apparent.Il ne suffit plus alors de se tâter le corps pour trouver là où elle se cache, le mal provient de plus haut: le cerveau..On appelle ceci douleur psychogène.
Cette douleur est réelle. Les patients insistent pour convaincre certains thérapeutes récalcitrants. En réalité, elle entrent dans ce qu'on appelle le trouble douloureux, où les facteurs psychologiques jouent un rôle dans le déclenchement de la symptomatologie, dans son intensité et son aggravation ainsi que dans sa persistance.
Le trouble psychogène renvoie à des étiologies psychiatriques multiples. Ainsi La douleur dans les névroses post-traumatiques, faisant suite à des accidents de toutes sortes, inscrit dans le corps douloureux la trace mnésique indélébile de l’événement qui a menacé l’existence(1). l'exemple le plus probant est celui du membre fantôme.
Le terme membre fantôme désigne le fait qu'une personne amputée d'un membre en ressente encore la présence, le plus souvent de façon douloureuse.Cette sensation est vécue par au moins les deux tiers des nouveaux amputés, et après un an plus d’un tiers s’en plaint encore. Souvent, elle diminue avec le temps, aussi bien en intensité qu’en fréquence. Mais il arrive qu’elle réapparaisse avec autant d’impact qu’au tout début.elle peut être parfois remplacée par des sensations de chaud, de froid, de picotements, de fourmillement, de crampe, de constriction. Essentiellement tous les types de sensations que le membre a pu faire ressentir durant son existence avant l’amputation.
Ces sensations sont expliqué par le fait qu'une partie du cerveau qui a toujours ressenti le membre fait état de sensations au reste du cerveau. La partie pensante du cerveau sait, elle, que le membre a été amputé. Il existe alors des informations très différentes voire paradoxales qui se promènent dans la tête et l’esprit.(2)

Douleur et souffrance, quelle est la différence?
Quelle que soit l’étiologie d’une douleur, même d’origine psychologique (deuil, traumatisme, séparation) elle est vécue par la personne comme n’importe quelle autre douleur.
L’état psychique influence fortement la perception de la douleur. La douleur est plus difficile à supporter si la personne est déprimée ou anxieuse et de nombreuses douleurs chroniques se rencontrent dans les problématiques de pathologies du lien (divorce, licenciement, retraite, décès, abus sexuel). Alors qu’une douleur qui persiste sans être prise au sérieux peut provoquer un tableau dépressif et une maladie dépressive peut s’exprimer uniquement sur le mode
douloureux (migraines ou lombalgies). .(3)
Cependant si la douleur morale est considéré comme une pathologie psychique , elle a une signification différente de la douleur corporelle: celle de la souffrance.
En fait la souffrance est ce qui fait dire "je suis mal"alors que La douleur est ce qui fait dire "j’ai mal".L’étymologie du mot "souffrance" est d'ailleurs très intéressante :le mot souffrance vient de deux mots latins : le préfixe "sub" qui signifie "en dessous" et le verbe "ferre", qui signifie "porter".Le mot représente donc l’image d’un support, qui porte tout ce qui se trouve dessus.
Au sens le plus philosophique des deux termes , on se l'explique par le fait que :
"La douleur est sa propre réalité alors que la souffrance est son propre sens, le paradoxe étant qu’il est impossible au sens d’être sa propre réalité, tout sens étant renvoi, extériorité à soi, rappel ou anticipation d’autre chose. Alors que la douleur pourrait idéalement être bloquée en elle-même, circonscrite en son lieu particulier et par là ramenée à l’existence, la souffrance est sa propre extériorité et par là déjà rapportée à la vie. Son extériorité n’est pas l’extériorité d’une chose relativement à une autre mais celle du sens relativement à lui-même. "(4)
Autrement dit , si la douleur constitue la sensation nociceptive consciente, la souffrance elle est l'expérience de cette sensation, que le cerveau intègre dans l'inconscient.
Ceci dit la fil fin qui sépare les deux est souvent source de confusion et par abus de langage on dit de quelqu'un qu'il souffre du dos ou qu'il est en douleur à la suite d'un deuil etc..

la douleur ça se soigne comment?

Fini le temps ou les chirurgien opéraient sans anesthésie, ou celui les femmes accouchaient dans la douleur , aujourd'hui remédier à la douleur est une priorité, et pour ceci on fait appel aux antidouleur.
Le terme antidouleur désigne les procédés mais également et avant tous les médicaments destinés à lutter contre la douleur. Le terme scientifique équivalent est antalgique. Du grec an, privatif et algos "douleur", il s'agit de médicaments (appelés également analgésique) qui permettent d'atténuer, voire de supprimer la douleur.Les antalgiques les plus puissant et les plus anciens sont les opiacés , substances dérivés de l'opuim.

La petite histoire de l'opium

l
e pavot à opium est connu depuis plus de 4 mille ans avantJ-C. Des graines et des capsules ont été retrouvées dans des habitats néolithiques européens datant de cinq mille ans avant notre ère. Les Sumériens le connaissaient près de quatre mille ans avant notre ère et une de leurs tablettes le qualifie de plante de la joie. Il était largement utilisé aussi dans l'ancienne Égypte, notamment par les Pharaons, non seulement à des fins thérapeutiques mais également pour ses propriétés psychotropes*. Dans la Grèce antique, il figurait sur des monnaies et la déesse Déméter( déesse greco-romaine de l'agriculture)était représentée avec des plantes de pavot dans ses mains. Le Népenthès, boisson procurant l’oubli de tous les chagrins décrite par Homère dans L’Odyssée, contenait vraisemblablement de l’opium de même que le soma de l’Inde antique. Il a probablement été introduit en Inde par les armées d’Alexandre le Grand trois siècles avant notre ère mais sa culture ne s’y est développée que vers le neuvième siècle. A la fin du treizième siècle, Marco Polo observa des champs de pavot dans le Badakhshan, région du nord de l’Afghanistan où se trouvent encore aujourd’hui de nombreuses plantations.

La morphine fille ainée de l'opium

AU XIX siècle, les progrès de la chimie permettent d'isoler une substance active pure de l'opium : cette substance fut nommée morphine, en référence à Morphée, le dieu grec des rêves. La découverte des autres alcaloïdes de l'opium (plus de 20 substances actives différentes) suivit rapidement celle de la morphine. Au milieu du siècle, l'utilisation des alcaloïdes purs commença à se répandre dans le monde médical, prenant le pas sur l'utilisation de préparations d'opium non raffiné.

Utilisée à grande échelle sur les champs de bataille (Crimée 1854-1855, guerre de Sécession aux Etats-Unis 1861-1865), elle génère la « maladie du soldat », première toxicomanie moderne. Son efficacité contre la douleur et la renommée acquise dans les traitements contre la tuberculose, désigne la morphine comme un traitement dénoué de toute composante addictive. Les soldats dépendants à la morphine seront soignés par la suite par un nouveau dérivé opiacé, l’héroïne.

La dérive avec la morphine ont débuté lorsque on a commencé à l'utiliser sous forme injectable.
Elle est alors utilisée pour tout et par tous, en particulier dans le milieu médical où on découvre son effet dysphorisant se développe alors le morphinisme.
C'est devant cette montée de toxicomanie qui n'était pas seulement le fait de la morphine, mais également d'autres substances, que le corps médical amalgama propriété antalgique et propriété dysphorisante en condamnant d'un seul bloc le médicament.

Ce n'est qu'au début des années 50 que les hospices anglais redécouvrent les bienfaits de la morphine en composant le cocktail de Brompton( cocktail fait de morphine ou héroine associé, à la cocaïne et l'alcool)mais le réservant encore seulement aux derniers moments de la vie.(6)

La morphine agit sur la douleur en augmentant le seuil de perception de la douleur( diminue la sensibilité à la douleur), modifie la perception douloureuse (Pour certains malades, la douleur est toujours présente, mais la morphine entraîne un certain détachement vis-à-vis d'elle.) .Elle diminue les réactions à la douleur :objectivables (cris, gémissements )et subjectives ( appréhension, interprétation) .

En soi, l'effet de la morphine comme calmant est sûr et de durée limitée. Mais l'accoutumance à la morphine peut poser un réel problème. C'est encore plus le cas avec l'héroïne, qui contient une morphine chimiquement modifiée, atteignant le cerveau beaucoup plus rapidement. L'héroïne engendre ainsi beaucoup plus de dépendance que la morphine.

Un grand problème posé par l'héroïne est que son effet s'arrête tout aussi brutalement qu'il commence. Le consommateur est subitement confronté à un creux, ce qui revient à une invitation très pressante à reprendre une dose, c'est le syndrome de manque. qui se voit lors des crise de sevrage des toxicomanes par des : sueurs, larmoiement, mydriase, douleurs musculaires et crampes, troubles digestifs (vomissements, diarrhée), hypertension, anxiété, agressivité, hallucinations.

Le corps et ses propres drogues

Découverte au cours des années 1970 par Hans Kosterlitz et John Hughes dans le cerveau d'un cochon, l'endorphine(association entre endo =endogène et de morphine) initialement appelé Enképhaline (du grec enkephalos: dans la tête) est une morphine endogène produite naturellement par le corps humain, et retrouvée notamment au niveau du système digestif, de la moelle épinière et même du cerveau. Après une expérience faite sur un rat, l'on remarqua que, ces récepteurs opiacés étaient à l'origine de sensations de plaisir chez les mammifères. Mais à quoi servent exactement les endorphines ?
Les endorphines ont pour rôle, de contrôler de la respiration et le transit gastro-intestinal, de moduler la réponse hormonale et celle immunitaire, de provoquer des sensations de plaisir, de diminuer le stress et d'atténuer la douleur, de provoquer le sommeil ainsi que le sentiment amoureux durable.
Les effets des endorphines se mesurent au niveau de la libération en grande quantité, où, elles peuvent provoquer un sentiment d'euphorie, d'extase ou encore une sensation quasiment comparable à la prise de drogue, sauf que ces dernières sont bénéfiques à l'organisme.
Les endorphines permettent à l'organisme de garder son équilibre, son bien être. Et tout stress, toute situation exigeant de rester en alerte, entraîne une augmentation de notre sécrétion d'endorphine..(7)


L'amour opium du peuple?

Il est maintenant prouvé que les endorphines est l'un des principaux composant du cocktail de l'Amour.En effet le sentiment amoureux en plus de l'acte amoureux inondent le corps d'endorphines., et la notion de septième ciel qu'on décrit lors de l'orgasme serait en rapport avec un point de secrétion culminant d'endorphines.
Par ailleurs,L'hypothèse de la saturation du cerveau émo­tionnel en endorphines lors du bonheur amoureux expliquerait le phénomène que représente le chagrin d'amour qui suit une rupture amoureuse. En effet, le comportement de la personne aban­donnée par l'être qu'elle aime présente des signes tout à fait ressemblants avec ceux observés chez les drogués en manque de morphine : anxiété permanente, insomnie, agitation, irritabilité, agressivité à l'égard de son entou­rage, troubles auxquels succède une phase de repli, de prostration, de désintérêt pour le reste du monde.Ne peut-on alors concevoir, toujours dans l'hy­pothèse « morphinique » de l'amour, que la rupture amoureuse corresponde à un véritable « sevrage » brutal en endorphines du cerveau émotionnel et le chagrin d'amour à un « manque » en morphines endogènes?(8)


l'Endorphine sur la voie de la Méditation?

D'après un article publié par Dr Jacques VIGNE, une étude du Dr Levine de l'université de Californie l'endorphine peut être reliée indirectement à la méditation: Levine a montré que les endorphines médiatisaient l'effet placebo, c'est-à-dire que les patients qui suppriment leur propre douleur en croyant avoir reçu un médicament efficace le font par l'intermédiaire des endorphines. . L'effet placebo est un exemple particulier d'auto-suggestion qui est une méthode qu'on peut relier sans difficulté à de nombreuses sortes de méditation, même si ces dernières ne sont pas réductibles exclusivement à une auto-suggestion.
Donc Si les endorphines permettent d'expliquer le bien-être éprouvé en méditation ,Si par une pratique précise on peut fabriquer sa propre morphine à l'intérieur du corps, n'est-ce pas un gage d'autonomie par rapport à toutes sortes de dépendances, depuis la drogue et l'alcool jusqu'à cette dépendance fondamentale qui consiste à rechercher le bonheur à l'extérieur alors qu'il est déjà là, présent en nous?

Pour boucler la boucle

Finalement ,qu'elle soit vécu comme une sanction ou comme une voie de purification , la douleur est avant un moment de détresse et de peur qui atteint l'homme au plus profond de lui-même . toute réflexion dessus amène à réfléchir sur les rapports très étroits de l'esprit et du corps, et la compréhension de plus en plus fine du phénomène montre qu'il ne peut y avoir de dichotomie (séparation) entre le somatique (le corps) et le psychique, sauf éventuellement en ce qui concerne le mécanisme générateur du processus algique.

De plus si Hippocrate disait, il y a bien longtemps, que « soulager la douleur est une chose divine ». bien qu'il voulait dire que la douleur était l’affaire des dieux,Le traitement de la douleur se trouve malgré lui intimement lié à aux notions de paradis et d'enfer, que ce soit de par la representation culturelle de la douleur que celle de la quête de paradis artificiels aussi éphémère soit-il à l'origine du trafic florissant de stupéfiant dans le monde et qui laisse croire qu'il est utopique d'imaginer de nos jours un monde sans drogues.




(1) Extraits de La douleur, point de vue d’un psy !(Pr Zouhair EL HECHMI ,société tunisienne de medecine interne)

(2)Douleur et membre fantôme

(3)La douleur en question( Société d’étude et de traitement de la douleur)

(4)Philosophie en ligne

(5)les antalgiques

(*)psychotrope:Le terme psychotrope signifie littéralement qui agit, qui donne une directionà l'esprit ou au comportement (psycho). (trope)

(6)psydoc

(7)Aqua design

(8)Phiol-5

pour en savoir plus:

Contrôle de la douleur:

Douleur des membres fantomes

Le tour du monde des drogues(dossier du Routard)

samedi 11 août 2007

Ashes to ashes,dust to dust (2)

samedi 11 août 2007
"Heureux ceux qui souffrent, le royaume des Cieux leur est ouvert »


La douleur un état d'esprit?
Si l'environnement socio-culturel et idéo-religieux ,intervient fortement dans l'imprégnation de l'anatomie de la douleur ,ceci revient au fait qu'il conditionne le seuil de de tolérance de chacun face à celle ci.Car il existe bien un contraste entre les différentes population dans leur capacité à supporter l'intensité de la douleur.
"Dans certaines cultures, chez ceux qui pratiquent la scarification (incision rituelle de la peau), par exemple, la capacité à tolérer la douleur semble très élevée, surtout comparé à la culture Nord-Américaine où le moindre mal de tête justifie le recours immédiat à un antidouleur."
Ainsi il semble que nous, méditerranéen,avons un seuil de tolérance à la douleur assez bas( le sang chaud y est peut être pour quelque chose!)mais les disparités existent entre les individus de la même population.J'ai moi même remarqué qu'en faisant des points de suture certains hurlaient sans cesse alors que d'autres me laissaient finir sans broncher( et ce sont pas du tout des enfant).

"Dans leur ouvrage intitulé 'Le Défi de la douleur', Ronald Melzack et Patrick D. Wall citent un exemple particulièrement éloquent de la tolérance à la douleur : le rituel du 'balancier' qui est pratiqué dans certaines régions de l'Inde. Selon cette tradition, à certaines époques de l'année, un homme choisi pour représenter la puissance des dieux a pour rôle de bénir les enfants et les récoltes dans les villages avoisinants. L'élu est suspendu au sommet d'une charrette par des crochets d'acier enfoncés sous sa peau et ses muscles. Au point culminant de la cérémonie dans chaque village, se laissant balancer dans les airs et retenu seulement par les crochets implantés dans son dos, il bénit les enfants et les récoltes. Selon Melzack et Wall : 'Ce qui est étonnant, c'est qu'il semble dans un état d'exaltation et ne manifeste aucun signe de douleur.

Mais comment se fait l'appréhension de la douleur?

La douleur n’est pas une sensation comme les autres. Sa perception correspond à la prise de conscience d’une agression menaçant l’intégrité de notre organisme. Prenons l’exemple d’une brûlure. Outre le bon réflexe qui consiste à retirer son doigt du liquide bouillant, la peau émet un message du type : « Ici la peau, récepteur spécialisé chaleur appelle cerveau… »
La moelle épinière assure la transmission du message à son destinataire final, le cerveau. Arrivé là, le message douloureux va être comparé à d’autres, déjà mis en mémoire. Ce qui explique vraisemblablement les différences de réactions : exubérantes ici, stoïques ailleurs selon éducation ou la culture. "(2)

Ceci dit si le seuil de tolérance n'est pas le même , le seuil de sensibilité lui est le même pour tous même s'il existe des différences selon l'âge et le sexe .

Sommes-nous égaux face à la douleur ?

Chez les femmes, le seuil de tolérance à la douleur est inférieur à celui des hommes. Ce phénomène vient d'être confirmé par des chercheurs montrant que les femmes possèdent un plus grand nombre de récepteurs cutanés, leur conférant une sensibilité accrue à la douleur.La différence de perception de la douleur entre les hommes et les femmes a très peu été étudiée mais Des chercheurs américains apportent des données intéressantes en démontrant que la différence homme/femme est réelle et en l'expliquant scientifiquement.(..) (il parait que la peau des femmes présente une densité bien supérieure de fibres nerveuses cutanées :34 fibres nerveuses par cm2 contre 17 chez les hommes, soit deux fois plus. Or avec un nombre plus important de récepteurs, les perceptions cutanées sont davantage véhiculées vers le cerveau.) (3) De plus "L'hormone mâle, la testostérone, "masque" le sentiment d'inconfort", écrivent des chercheurs américains dans la revue Hormones and Behaviour. Il y aurait même derrière cela une cause bêtement liée à l'évolution animale: cela permet au mâle de maintenir sa volonté pendant un combat... voire d'oublier qu'il y a eu mal et de participer à d'autres batailles, écrit la physiologue animale Michaela Hau, de l'Université Princeton (New Jersey)(4)

Donc Le soi-disant "Un homme ça ne pleure pas", n'est peut être pas une phrase vieillote qui n'a plus sa place dans ce monde où on clame haut et fort la parité.Car que l'on le veuille ou non la nature a décidé autrement, les hommes sont plus endurants! Cependant quand il s'agit de l'enfant , la douleur reste très énigmatique et assez negligé puisqu'entre alors en jeu l'angoisse des parents( les petits bobos de rien du tout se transforme en vrai cauchemards) mais il est prouvé maintenant que le nouveau-né (et le petit nourrisson) traverse une période d'hypersensibilité qui fait qu'il peut ressentir comme douloureux des stimulations qui ne le seraient pas pour un grand enfant ou un adulte, et cela en raison de la mise en place tardive de ses mécanismes de contrôle de la douleur (mécanismes inhibiteurs qui font que tous les stimuli douleureux ne sont pas interprétés systématiquement par le cerveau).Ainsi, non seulement il ressent très précocement la douleur, mais de manière exacerbée.(5)

Quand la douleur joue à cache-cache

Si la douleur laisse poser des questions sur sea signification , son origine est aussi sujet à beaucoup d'interrogation.En effet, il s'est avéré que la douleur ne reste pas la où elle naît mais elle irradie souvent dans une autre région du corps, on parle alors de douleur projetée.

En fait,Les douleurs projetées sont des douleurs qui ont pour origine un organe précis, mais qui vont être ressenties à un autre lieu. Ainsi une vésicule biliaire pourra donner une douleur au niveau du dos, l'infarctus cardiaque va donner des douleurs au niveau de la mâchoire ou du bras gauche.Un calcul rénal peut donner une douleur dans la face interne des cuisses.etc..
Selon la façon dont la moelle épinière traite les signaux douloureux peut être influencée par les signaux transmis par d'autres neurones. Il arrive que des neurones somatiques et des neurones viscéraux se rencontrent à l'intérieur d'unsegment dans la moelle épinière. Si un seul neurone est inondé chroniquement de signaux douloureux, les influx nerveux finiront par déborder et d'autres neurones en seront affectés. Lorsque cela se produit, on parle de douleurs projetées ou référées. Ce phénomène explique l'origine des douleurs intenses qu'éprouvent souvent dans le bras les victimes de crise cardiaque. De plus, les douleurs projetées peuvent faire en sorte qu'une anomalie située dans un organe profond de l'organisme provoque des douleurs dans la paroi abdominale. Ces points douloureux, qui ne constituent pas la vraie source de la douleur, s'appellent des points gâchettes ou des points de déclenchement.(6)


Next: souffrance-amour-addiction


(1)Arthrite.ca
(2)Sos fin de vie
(3)e-santé
(4)Science presse

(5)L'enfant et la douleur

(6)femmes en santé

Pour en savoir plus:
douleur projetée

vendredi 27 juillet 2007

Ashes to ashes , dust to dust (1)

vendredi 27 juillet 2007

Quand je lisais Albert Cohen qui disait:" Avoir de la douleur, c'est vivre, c'est en être, c'est y être encore. "me revenaient souvent ces innombrales cris de douleurs que j'entends tous les jours venant de gens affolés terrifiés par ce sentiment ineffable d'avoir mal quelques part dans leur corps et qui ne demandent qu'à en être débarrassés. La douleur est La Cause de la visite chez le médecin.Ce "J'ai mal"que chacun a dit au moins une fois dans sa vie (et pour cause on peut commencer à sentir le douleur dès le 6ème mois de le vie intra-utérine.),est un cri d'alarme qui laisse souvent des doutes sur Le lieu ou il nait, corps ou âme, les deux s'y entrecroisent et s'y mêlent.Pourquoi? comment?essayons de comprendre.

La douleur C'est quoi?

Du latin dolor , "La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en termes d’une telle lésion. La douleur est toujours subjective. Chaque individu l’apprend au travers d’expériences provoquées par des blessures au début de la vie. C’est clairement une sensation dans une (ou des) partie(s) du corps mais qui est également désagréable et donc une expérience personnelle".(1)
Ceci signifie donc que la douleur peut être assocoiée ou non à un élement nociceptif c'est à dire engendrant cette douleur.En effet, La nociception (du latin nocere, faire du mal ) est un phénomène purement physiologique. La survenue d’une lésion tissulaire stimule les nocicepteurs localisés dans la peau et les autres tissus de l’organisme. L’information est alors véhiculé sous la forme d’une impulsion électrique par des fibres spécialisées des nerfs périphériques jusqu’au système nerveux central. Le stimulus nociceptif doit atteindre un seuil minimal pour provoquer la douleur( Ce seuil est abaissé au cours de la réaction inflammatoire qui accompagne toute lésion tissulaire).(2)

Ayant perçu la sensation de douleur, il est pour autant souvent difficile de décrire le ressenti de ce phénomène douloureux ,d’en donner une définition précise et d’expliquer sa cause .En fait, l’expression du vécu de la douleur est étroitement liée à la conception du fait douloureux. Or celle-ci a évolué au cours de l’histoire,et reste fortement imprégné par l' environnement culturel de l'individu.

Dieu pourquoi J'ai mal?

La douleur n’est pas du tout considérée ni prise en compte de la même manière selon les cultures. Chaque peuple a sa propre conception de la douleur. Cette notion s’applique aussi bien aux bénéficiaires de soins qu’aux valeurs des soignants. En effet, ce ne sont pas seulement les malades qui intègrent leur douleur dans leur vision du monde, mais également les médecins et les infirmières qui projettent leurs valeurs, et souvent leurs préjugés, sur ce que vivent les patient dont ils ont la charge. . Les religions sont aussi sources de valeurs, et donc d’interprétation de la douleur d’autrui. Voyons ce qu’il en est en fonction de leurs différences:

  • Dans la Bible, la douleur est associée à une punition divine lors du non respect des lois dictées par Dieu : « Les récits de la Bible associent souvent la prospérité et la santé à la fidélité des hommes aux commandements de Dieu. Le malheur, la souffrance, la douleur frappent toute infraction à la loi. » . Mais l’interprétation qu’en fait la religion catholique est différente : « La tradition chrétienne assimile en revanche la douleur au péché originel, elle en fait une donnée inéluctable de la condition humaine. (…) L’acceptation de la douleur est une forme possible de dévotion qui rapproche de Dieu, purifie l’âme. Elle fût longtemps considérée, surtout dans l’Antiquité et au Moyen Âge, comme une grâce particulière. (…) La mort de Jésus sur la croix est essentiellement un mystère de la souffrance, un récit de la rédemption par une douleur infinie seule propre à absorber l’infini péché de l’homme. Longtemps pour le chrétien la douleur est participation sur un mode mineur aux souffrances exemplaires du Christ… » . Cette conception de la douleur est récurrente dans cette culture, ce qui expliquerait que dans les sociétés occidentales, principalement judéo-chrétiennes, la douleur est sous estimée, voir complètement occultée.
  • Dans la religion musulmane : « Le musulman est moins confronté que le chrétien ou le juif au paradoxe du juste souffrant, car si pour ces derniers Dieu est amour, pour le premier il est surtout puissance absolue. Le fidèle se remet avec patience entre les mains de Dieu et témoigne de son endurance devant l’épreuve. (…) La douleur n’est pas la sanction d’une faute, elle est prédestinée, inscrite en l’homme bien avant sa naissance. (…) Mais si Dieu a créé la douleur il a aussi donné à l’homme les moyens de la combattre par la médecine et la prière. » . Ce qui signifie que les musulmans n’ont jamais refusé de soulager la douleur, ils sont même plus souvent demandeurs de soin que les juifs ou les chrétiens car la médecine est une science connue depuis de très nombreux siècles. De plus, la religion n’entrave pas la prise en charge de la douleur.
  • Quant aux spiritualités orientales : « Le corps est douleur, parce qu’il est le lieu de la douleur. » . « La misère humaine n’est pas le fait d’une punition des dieux, mais de la seule ignorance des hommes. La libération réside dans la révélation grâce à laquelle toute souffrance s’évanouit. » . En ce qui concerne les religions polythéistes, telles que le bouddhisme ou l’hindouisme par exemple, la religion permet aux hommes de s’affranchir de la douleur par la spiritualité.
  • La douleur a une signification même pour les individus athées : « La douleur est une incisive figure du mal. Constant rappel de la fragilité morale de l’homme. (…) L’idée de la maladie méritée, de la souffrance venant punir la conduite réprouvée d’un individu est encore profondément enracinée dans les consciences contemporaines. » . Même chez les individus non religieux, la douleur est considérée comme la punition d’une faute commise.

D’autre part, les cultures aussi sont sources de valeurs et de croyances. Voici un exemple qui illustre très bien les différences qui existent entre les cultures en ce qui concerne le sens même que l’on donne à la douleur : « Un ethnologue raconte que dans la société qu’il étudie, une femme sachant qu’il possède une trousse de secours lui amène son enfant dont elle dit qu’il a un léger « bobo » au pied, la mère comme l’enfant ne semblent pas considérer la blessure avec gravité. Lorsque l’ethnologue détache le bandage en feuille de bananier de l’enfant, il découvre avec stupéfaction que l’on aperçoit l’os de l’enfant dont le pied ressemble, selon les termes de l’ethnologue à « une masse gélatineuse ». Dans cette même société, on l’appelle une autre fois au chevet d’une petite fille souffrant d’une constipation. Ce dernier cas, d’une gravité moindre aux yeux de l’ethnologue est considéré comme très grave par les membres de cette société du sud-ouest de la Tanzanie, car la constipation peut-être due à une action malveillante, par exemple celle d’un sorcier. ». (3)

to be continued..

(1) définition de l'Association Internationale pour l’Etude de la Douleur
(2)Eudolor
(3)wikipedia
(*) le livre de ma mère

lundi 23 juillet 2007

Mille et uns jours

lundi 23 juillet 2007

IL est des jours où le bleu du ciel se fait lourd,
où le temps vacille entre les nuances du gris et les réverbérations du rouge,
où les mots se font intrus,
où les secondes se font siècles et les minutes se font millénaires.

Il est de ces jours où Dire veut dire se Taire
où les mots se font supplice et les phrases se font tyran
où l'enchevêtrement des verbes se fait tenture
où le brassage des noms se fait meurtrissures

Il est des jours où Bouger veut dire Immobile
où les gestes sont mats
où les remaniement ne font plus éclats
où les commotions de la peau sont les seuls témoins du souffle qui perdure

Il est des jours où le ciel est échancré de mille rides
où la senteur du jasmin ne semble plus un parfum
où l'horizon incertain est rapiécé du déraillement du destin
où la vie malgré elle gagne en bonhomie et se fait débonnaire

Il est des jours où les nourrissons se font quinquagénaires
où les enfants naissent avec des rides aux fronts
où la délivrance des accouchements se font des mises au monde de morceaux de pains

Il est des jours où les bonnes intentions sentent la déchirure du mensonge
où les joies fleurissent dans les trahisons
où la resignence du crime passe par le complot d'un autre

Il est des jours où Etre veut dire Disparaître ...comme espérer le lever du jour au coucher de la nuit

dimanche 15 juillet 2007

Espace Temps

dimanche 15 juillet 2007

...mes bras pendent, j'appuie mon front contre le carreau. Cette vieille femme m'agace.Elle trottine avec entêtement, avec des yeux perdus . Parfois elle s'arrête d'un air apeuré, comme si un invisble danger l'avait frôlée. La voilà sous ma fenêtre. Le vent plaque ses jupes contre ses genoux.Elle s'arrête , elle arrange son fichu.Ses mains tremblent.Elle repart, à présent je la vois de dos.Vieille cloporte! Je suppose qu'elle va tourner à droite dans le boulevard Noir..ça lui fait une centaine de mètre à parcourir: du train dont elle va elle y mettra bien dix minutes, dix minutes pendant lesquels je resterais comme ça, à la regarder, le front collé contre la vitre.Elle va s'arrêter vingt fois, repartir s'arrêter...

Je vois l'Avenir.Il est là, posé dans la rue, à peine plus pâle que le présent .Qu'à t-il besoin de se realiser? Qu'est ce que ça lui donneras de plus? La vieille s'éloigne en clopinant, elle s'arrêt, elle tire sur une mèche grise qui échappe de son fichu.Ellemarche, elle était là, maintenant, elle est ici...
Je ne sais plus où j'en suis: est-ce que je vois ses gestes, est ce que je les prévois? Je ne distingue plus le présent de futur et pourtant ça dure, ça se réalise peu à peu; la vieille avance dans la rue déserte; elle déplace ses gros souliers d'homme.

C'est ça le temps, le temps tout nu, ça vient lentement à l'existence, ça se fait attendre et quand ça vient, on est écoeuré parce qu'on s'aperçoit que c'était déjà là depuis longtemps.La vieille approche du coin de la rue, ce n'est plus qu'un petit tas d'étoffes noires.Eh bien, oui, je veux bien, c'est neuf, ça , elle n'était pas là bas tout à l'heure.Mais c'est du neuf terni, défloré, qui ne peut jamais surprendre.Elle va tourner le coin de la rue, elle tourne-pendant une éternité.

(JP Sartre-La nausée)

mercredi 6 septembre 2006

Des Mots à Dieu

mercredi 6 septembre 2006



"Eh oh! y'a quelqu'un!".Une,deux, trois fois, un chien aboie mais le ciel de silence engloutit la voix.Il s'assoit sur le banc , entoure ses jambes de ses bras et dit:

"Dieu pourquoi ne réponds-tu pas? Maman dit que tu vis là haut au ciel mais pourquoi ne réponds-tu pas? Elle me frappe et me dit Dieu te punira. J'ai rien fait je voulais juste lui écrire"JE T'AIME" en grand sur la porte de la cuisine avec la peinture de papa.
Dieu, dis lui que j'ai rien fait, toi elle t'écoutera.Si je vais le lui dire moi-même je sais qu'elle n'entendra pas. Elle pleure tout le temps depuis que papa est parti avec la belle dame que j'ai vu l'autre fois. Elle pleure et dit que c'est de ma faute si papa ne l'aime pas. Mais moi je l'ai vu l'embrasser l'autre jour, comment ça se fait qu'il ne l'aime pas.Dieu il faut que tu lui expliques ça, de moi elle ne comprendra pas.
Dieu peux-tu lui expliquer aussi que j'ai mal au ventre la nuit des fois. Je me réveille souvent pour aller aux toilettes mais j'y arrive pas.Pourtant j'ai besoin de faire pipi mais j'ai peur de la réveiller au son de mes pas.
Dieu mami dit que tu nous aimes mais pourquoi tu ne réponds pas. Je peux attendre tu sais ..mais là ..Ah! ça revient..J'ai terriblement besoin..."
 
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