dimanche 31 août 2008

Isomères Miroirs (4)

dimanche 31 août 2008


Une prise de sang analysée, ne révèlerait pas des constantes biologiques similaires*, selon qu'elle provienne d'un organisme féminin ou masculin.Et ceci a amené de nombreux chercheurs à considérer que le genre conditonne fortement la vulnérabilité du corps à un type de pathologie plus qu'à d'autres.Alors existe-t-il des différences dans les problèmes de santé des femmes et des hommes? Si tel est le cas, comment expliquer un tel phénomène?

Physiologie féminine,Physiologie masculine
Tout d’abord, les femmes, (en moyenne statistique, bien entendu, et avec de larges variations individuelles) entendent deux fois plus fort (2,3 fois, en moyenne).Elle entendent avec leurs deux hémisphères, tandis que les hommes écoutent essentiellement avec l’hémisphère gauche, verbal, logique — et donc, critique. Les femmes mobilisent, en même temps, leur hémisphère droit (leur corps calleux** est plus important)et tout discours est donc coloré d’émotions, perçu subjectivement à travers leurs désirs et leurs craintes, leurs valeurs éthiques et sociales .
Elles entendent ce qui est dit, mais surtout comment il est dit: elles sont plus sensibles aux inflexions de la voix, au rythme de la respiration, etc.Bien entendu, cette prééminence de l’audition et de l’écoute subjective chez la femme n’est qu’un détailpour illustrer que globalement, la femme est beaucoup plus sensible : Son ouïe est plus développée (d’où l’importance des mots doux, du timbre de la voix, de la musique).Son sens du toucher est plus développé ( les femmes possèdent jusqu’à 10 fois plus de récepteurs cutanés pour le contact) ; l’ocytocine et la prolactine (hormones de l’attachement et des câlins) multiplient leur besoin de toucher et d’être touchées ;Son olfaction est plus fine : jusqu’à 100 fois, à certaines périodes du cycle.Son OVN (organe voméro-nasal, véritable sixième sens chimique et relationnel) perçoit les phéromones — qui traduisent plusieurs formes d’émotions : désir sexuel, colère, crainte, tristesse etc …Il serait aussi plus sensible chez les femmes (serait-ce là ce qu’on appelle « l’intuition »). Quant à la vue, elle est davantage développée et érotisée chez l’homme (d’où son intérêt et son excitation par les vêtements, le maquillage, les bijoux, ..). Cependant, la femme dispose d’une meilleure mémoire visuelle (reconnaissance des visages et rangement des objets).

Lorsqu’on pose un ballon par terre, les garçons shootent ; les filles le ramassent et le serrent contre leur cœur. Cela semble indépendant de l’éducation et de la culture, et donc directement lié à nos hormones.La testostérone (hormone du désir, de la sexualité et de l’agressivité, autrement dit hormone de la « conquête » militaire ou sexuelle) développe: La force musculaire (40 % de muscles chez l’homme, contre 23 % chez la femme) La vitesse de réaction et même l’impatience (92 % des conducteurs qui klaxonnent à un feu rouge sont des hommes !) ; L’agressivité, la compétition, l’instinct de domination (le mâle dominant engendre et maintient la qualité de l’espèce) L’endurance et la ténacité ; La cicatrisation des blessures ,la barbe et la calvitie;La vision de loin ; Le lancer de précision ; L’orientation dans l’espace (pour ramener le produit de la chasse jusqu’à la grotte). Le goût pour l’aventure, les expériences nouvelles et le risque (les génies, tout comme les fous, sont le plus souvent des mâles) .
Les œstrogènes développent : Les mouvements de précision ( la femme peut plier facilement chaque doigt séparément elle est très supérieure à divers tests de dextérité ), La graisse (pour la protection et réserve pour le bébé) : 25 % de graisse chez la femme, contre 15 % chez l’homme , La mémoire verbale (les noms) et la mémoire de localisation des objets ainsi que la vision de près (« grand angle » pour repérer sa progéniture et toute intrusion étrangère), ainsi que
l’ouïe : l’éventail des sons perçus est beaucoup plus large et les femmes chantent juste, six fois plus souvent que les hommesLeur reconnaissance des sons est bien meilleure (entendre et reconnaître son bébé) .La femme reconnaît et nomme les couleurs avec plus de précision (c’est le chromosome X qui est porteur des cônes, cellules nécessaires à la vision des couleurs) .(1)

Et si appartenir au genre féminin représentait un risque pour la santé ?

C’est en tout cas ce que pensent les professeurs Vera Regitz-Zagrosek de Berlin et Karin Schenck-Gustaffson de Stockholm qui estiment que les particularités liées à la physiologie féminine sont largement ignorées dans le domaine de la recherche médicale. Exemple : les médicaments prescrits aux femmes sont souvent peu adaptés à leurs besoins spécifiques, tout simplement parce que les médecins suivent des indications conçues pour les hommes. Ce n'est que depuis 2004 qu'une réglementation prévoit d'inclure les femmes dans les protocoles d'essais cliniques... sauf qu'il n'y a pour l'instant aucune obligation de le faire.
La recherche en médecine peut-elle s’intéresser davantage à ces dames ? C'est l'espoir de ces deux représentantes européennes des "gender studies", cette discipline universitaire récemment apparue aux Etats-Unis qui étudie les différences sexuelles.(2)

Outre les déterminants généraux, la santé des femmes dépend de facteurs spécifiques, que l'on peut lier schématiquement à la grossesse et aux risques sexuels.
La grossesse, l'accouchement et leurs conséquences constituent toujours les principales causes de décès, de maladies et d'incapacités chez les femmes en âge de procréer dans les pays en développement. La mortalité maternelle est actuellement estimée à 530 000 décès par an, soit un ratio de 400 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes dans l'ensemble du monde. Les taux de mortalité maternelle varient fortement selon les conditions économiques et sanitaires, avec pour conséquences des très fortes inégalités mondiales. En Afrique subsaharienne, 940 femmes décèdent des suites de la grossesse ou de l'accouchement pour 100 000 naissances vivantes. Ce taux descend à 13 dans les pays industrialisés.
Par ailleurs,si les femmes ont encore une longévité plus importante que celle de ces Messieurs , elles vivent moins bien leur vieillesse et parfois leur jeune âge puisqu'elle sont plus en mesure à développer certaines pathologies .En voici quelques exemples:

Les maladies Coronariennes
Les atteintes coronaires constituent la 1ère cause de mortalité et morbidité aussi bien chez les hommes que chez les femmes.Mais les premières manifestations de l'atteinte apparaissent 6 à 10 ans plutard chez les femmes puisque les Estrogène ont un rôle protecteur contre l'athérosclorose. De plusLa mortalité lié à l'atteinte cardiaque est en baisse chez les hommes alors qu'elle demeure constante dans le camp féminin, ceci étant dû au fait que les femmes associent souvent d'autre maladies chroniques tels que Diabètes et HTA qui altèrent aussi le capital artériel.(3)

Genre et Immunité
Que le système immunitaire soit plus réactif chez les femmes , ceci constitue une arme à double tranchant.En effet, les femmes ont souvent une meilleure défense contre les maladies infectieuses, mais aussi une Auto-réactivité qui aboutit à des maladies autoimmmunes plus fréquentes ,tel que le lupus érythémateux dissiminé(LED);donnant une atteinte multiviscérale et nécessitant un traitement très lourd. Ainsi les maladies autoimmunes constitue la 5ème cause de décès chez les femmes en âge de procréer. Les recheches ont prouvés nottament que les hormones sexuelles contribuent fortement aux developpement et l'exacerbation des manifestations autoimmunes du LED, mais leurs rapport avec les autres maladies de système reste moins clair:
Les hormones sexuelles
entraine une augmentation du taux d'Immunoglobulines ce qui renforce la réponse aux infections.De plus , les traitement à base d'Estrogènes induisent une activation des cellules lymphocytaires B (les cellules B Polyclonales)responsables de la synthèse des différents anticorps, nottament les anticoprs autoImmuns, ainsi que que la secrétion anormales de cytokines.Cependant, les hormones sexuelles ne peuvent pas à elles seules être à l'origine des maladies de système.En fait elles prépare le terrain à d'autres facteurs (génétiques et environmentaux) propice à ces maladies, et influencent leur gravité en modulant l'activité et la croissance lymphocytaire à différents stades de la vie : intra-utérin, prépubertaire et postpubertaire.Le mécanisme reste encore mal élucidé mais il semble qu'il passe par la glande thymique(véritable nursery pour les lymphocytes).(4)

Les troubles du sommeil

Bien que les troubles du sommeil sont deux fois plus fréquente chez les femmes , 75% des études les concernant ont été faites auprès de populations masculines.De là il serait difficile de comparer l'effet du manque de sommeil et la physiologie même du sommeil selon le genre.Plus loin, les recherches menés à ce sujet considère souvent ce qui est "Normal" pour les hommes comme valable aussi pour les femmes alors qu'on sait parfaitement qu'il y'ait des disparités à prendre en considération, comme les variations de sécretion de l'hormone de Croissance (la GH)ou autres hormones secrétés par des cellules Neuroendocrines..
la variation de la tempérérature corporelle,l'Humeur, l'état émotionnel le cycle menstuel, la grossesse et la ménopause ont un profonde répercussion sur la qualité du sommeil dans l'organisme féminin.Mais il est admis que jusqu'à l'age de l'adolescence, le sommeil est similaire chez les deux sexes.Les différences apparaissent alors seulement lors de la transition vers l'âge adulte, âge ou les hormones sexuelles entament leurs ascension.
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Dépression et maladies mentales

A l'âge adultes, le femmes souffrent deux fois plus de dépression que les hommes, et ceci est valable pour tout les pays de la planète.A L'enfance, cependant, les filles ne semblent pas être plus dépressives que les garçons. Selon les études,Cette tendance féminine pour la baisse d'humeur apparaît à partir de l'âge 13 à 15 ans. Les modèles complets pour expliquer ce phénomène manquent, mais des mécanisme affectif(réactivité émotionnelle), biologique (prédispostion génétique,Pics hormonals et le timing de la puberté et du développement pubertaire) et cognitif(la conscience de son corps,etc..)intégrés tous à la fois avec des évenement négatif de la vie, sont les facteurs prédisposants à une vulnérabilité mentale plus importante au début de l'adolescence.(6)








(*) Les valeurs normales de l'hématochrite, Nombre de globules rouges, taux d'hémoglobines, taux de créatinémie, etc.. diffèrent chez les deux sexes.
(**) le corps calleux est un faisceau de neurones qui relient les deux hémisphères du cerveau.
(1)Yvon Dallaire- Moi aussi...moi non plus
(2) WHO: World Health Organisation
(3)Impact of gender on treatment and clinical outcomes in acute ST elevation myocardial infarction patients in Thailand.: Pubmed
(4)Gender and immunity:Pubmed
(5)Sleep, Sex Differences, and Women's Health
(6)The ABCs of depression

Photo: Ekosystem -Mexico

3 commentaires:

jean-philippe a dit…

Vaste sujet !! belle et brillante analyse que tu fais là !! je te salue comme il se doit et te tire mon chapeau pour ce billet éclairé et intelligent ... chouette la rentrée commence bien !!

Mocka a dit…

ce n'est que le bout du fil que je présente là,et il reste tant à dire.
n'est ce pas curieux de savoir que la force des femmes fait leur faiblesse?
Peut être est-ce moins évident de ressentir l'importance du sujet dans la vie au quotidien mais la notion de sexe-ratio est important à considérer, pour les médecins, dans plusieurs pathologies: les maladies de systèmes entre autres ou certaines hémopathies malignes etc...
Merci à toi Cher Magicien.ton commentaire me fait chaud au coeur.
il me reste une petite semaine avant de reprendre le chemin de la fac et des CHU. Le blog somnole déjà!!
je t'embrasse

Elseneur a dit…

C'est tout simplement édifiant ! C'est fou de constater que, même dans le domaine de la santé, la norme, le référent, restent masculins. Merci pour ce texte hautement instructif.

 
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